Balbuzard pêcheur en vol

Les îles Canaries travaillent contre la montre pour sauver leurs derniers individus de balbuzard pêcheur

Les ornithologues du GOHNIC (entre autres, Beneharo Rodríguez auteur de la photo de l'article) travaillent sur le sujet

Seuls sept couples de balbuzards (ou "guincho", comme on les appelle aux Canaries) survivent encore sur certaines falaises maritimes de l'archipel. Les loisirs touristiques, l'afflux de personnes sur les sentiers proches des zones de nidification, le vaste réseau de lignes électriques et la construction sauvage de parcs éoliens sont à l'origine de leur lente mais progressive disparition. Aujourd'hui, le gouvernement des îles Canaries travaille contre la montre avec un groupe d'ornithologues pour sauver les derniers balbuzards de l'extinction.

Selon les dernières données publiées, l'état actuel de la population du balbuzard pêcheur dans les îles Canaries est très précaire, puisqu'il n'y a que sept couples répartis entre l'îlot d'Alegranza, Tenerife et La Gomera.

Il existe également plusieurs individus solitaires sur ces îles et îlots, notamment à Montaña Clara et à Lanzarote, comme l'explique l'ornithologue Felipe Siverio, mais il leur est difficile de former des couples lorsque tous les facteurs sont contre eux.

Le projet en cours

La mise en œuvre de ce projet, cofinancé par le programme opérationnel FEDER des Canaries (2014-2020), a été confiée aux ornithologues Felipe Siverio, Beneharo Rodríguez et Manuel Siverio, actuellement affiliés au Groupe d'ornithologie et d'histoire naturelle des Canaries (GOHNIC) et reconnus dans le domaine de l'ornithologie canarienne.

Par ailleurs, pour réaliser certains travaux sur les différentes îles, ils bénéficient également de la collaboration temporaire de plusieurs experts en avifaune.

Jusqu'à présent, ils ont effectué un recensement actualisé de l'espèce, ainsi que le marquage et l'identification de plusieurs spécimens canariens. C'est un énorme pas en avant pour la conservation des rapaces, car il y a peu encore, en 2019, les chercheurs dénonçaient que sans système de surveillance, il était impossible de savoir quels facteurs les poussaient vers l'extinction.

Dans ce sens, les balbuzards adultes et les poussins sont bagués et équipés de dispositifs de surveillance à distance pendant les trois années de l'étude, dans le but d'obtenir des informations sur les paramètres reproductifs et démographiques de l'espèce, ainsi que sur les mouvements des individus.

Balbuzard pêcheur en survol de chasse dans le ciel

Cela fournira des informations sur les zones où les balbuzards ont tendance à se nourrir, sur leur utilisation de l'habitat et sur leurs déplacements. Cette technique permettra d'élucider des aspects écologiques peu connus des balbuzards des Canaries, ce qui, à son tour, aidera à mettre en œuvre des mesures pour leur conservation.

Une fois les zones d'utilisation identifiées, les éventuels points noirs et facteurs de menace seront déterminés et analysés, ce qui permettra d'orienter la gestion de l'espèce en fonction de l'atténuation des impacts négatifs.

Dans les îles, d'après les indications obtenues jusqu'à présent, les principaux risques pour les balbuzards sont les pales des éoliennes et les lignes électriques, mais il n'est pas exclu que les activités humaines - notamment les activités de loisirs - perturbent les oiseaux.

En fait, les chercheurs avertissent depuis des années que la circulation des bateaux, très fréquente sur la partie sud de Tenerife, plus touristique, peut causer des nuisances pendant l'incubation et amener la femelle à abandonner le nid, laissant les œufs à découvert.

En peu de temps, cette découverte peut avoir une issue fatale, car l'insolation du soleil fait littéralement "frire" les œufs en quelques minutes. Un autre problème causé par le va-et-vient des bateaux est l'obstacle qu'ils représentent pour la chasse.

Quelques données

    • Le taux de mortalité de ces oiseaux à 50 % au cours de leur première année de vie.
    • Dans le cas de collisions avec des lignes électriques, une seule électrocution peut signifier la perte de 7% de la population totale.
    • En moins de dix ans, les îles Canaries ont perdu la moitié de leurs couples de balbuzards, et ce déclin ne semble pas près de s'arrêter.
    • Si au milieu du XXe siècle, on soupçonnait que le nombre de couples pouvait atteindre cinquante dans l'ensemble de l'archipel des Canaries, il y a dix ans, on n'en comptait que quatorze et en 2018 la moitié.
      Bien que les différentes équipes qui sont passées par le gouvernement des îles Canaries aient mis en œuvre différentes mesures de conservation, aucune d'entre elles n'a porté ses fruits. Les informations recueillies peuvent donc représenter un coup de pouce pour la vie de cette espèce, étant donné qu'il s'agit de la première étape nécessaire pour établir un véritable plan de reconstitution.
    Balbuzard pêcheur en vol avec une proie

    Menaces sur le balbuzard pêcheur dans les îles Canaries :

        - Lignes électriques aériennes. L'impact négatif de ce facteur, qui provoque l'électrocution de l'oiseau, a été observé dans différentes parties de la péninsule ibérique et des îles Baléares.

        - Bateaux de plaisance. Bien qu'aujourd'hui avec une intensité moindre, ils génèrent des nuisances dans les zones de reproduction, car les balbuzards construisent leurs nids sur les falaises maritimes.

        - Pales d'éoliennes. Des morts d'individus ont été signalées suite à de collisions.

        - Filets abandonnés dans la mer. Des individus ont été retrouvés piégés dans des filets de pêche.

        - Les balbuzards utilisent des matériaux jetables pour construire leurs nids, ce qui peut nuire à leurs petits.

        - Microplastiques. Ils risquent d'accumuler des substances nocives dans leur organisme en raison de l'ingestion de microplastiques.

      Manuel Siverio explique

      «Après deux ou trois jours sans nourriture, les jeunes balbuzards s'affaiblissent et finissent par mourir de faim», souligne Manuel Siverio et il ajoute : «perdre un seul spécimen est déjà une véritable catastrophe.»

      Ornithologiste en suivi du balbuzard sur les falais e de Los Gigantes

      Note : article original en espagnol de Verónica Pavés du journal EL DÍA traduit par Interpretjean

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      Patte de balbuzard pêcheur bagué avec la mention S6
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